INSIDE ROLEPLAY · 1990 — PRÉSENT
Le gouverneur de l'époque nourrissait une vision ambitieuse : faire oublier les cicatrices du passé pour bâtir une communauté soudée, un futur radieux pour chaque habitant de San Andreas.
Les fêtes animaient les rues, les commerces prospéraient, et l'optimisme était palpable. Personne ne pouvait imaginer que l'île connaîtrait bientôt ses heures les plus sombres.
En quelques heures, le comté de Blaine County devint inhabitable. Les évacuations forcées vers Los Santos créèrent une pression insoutenable sur les infrastructures de la ville.
L'entreprise pharmaceutique et technologique MoTek développa en urgence une solution et la mit à disposition de l'hôpital, mais les quantités étaient insuffisantes. Les morts se comptèrent par centaines, laissant la population dans un état de choc et de deuil.
Texte classifié : L'origine exacte de la bactérie n'a jamais été confirmée par les autorités [CLIQUER POUR RÉVÉLER]
Dans un ultime acte de sacrifice, le Gouverneur céda ses médicaments à sa population et mourut le jour même des suites de la bactérie. Un geste héroïque qui fut gravé dans les mémoires collectives.
La responsabilité du gouvernorat fut confiée au Vice-Gouverneur Magnus V. Rowlins, jusqu'alors dans l'ombre. En une seule nuit, San Andreas avait changé de visage. Pour toujours.
Dans les jours qui suivirent, le gouvernement et MoTek établirent une alliance pour élaborer une solution pérenne contre la maladie.
À l'occasion de l'achèvement de la muraille technologique, le gouvernement et MoTek scellèrent leur collaboration par une poignée de main symbolique devant les caméras du monde entier.
Ce partenariat public-privé suscita de vives critiques parmi la population, qui y voyait une privatisation rampante des fonctions régaliennes de l'État. Des mouvements de grève et de protestation virent le jour, mais aboutirent rarement de manière positive.
Le Gouverneur instaura par décret la condamnation permanente du Nord, laissant place à un climat de peur et d'incompréhension dans l'opinion publique.
Le décret du 7 août institutionnalisa ce qui n'était jusqu'alors qu'une reality de fait : San Andreas était une société à deux vitesses. Les mesures de sécurité urbaine furent renforcées à l'échelle de tout l'État.
Un an plus tard, un second décret instaura une carte réservée aux membres de l'Élite de Los Santos — un sésame permettant d'accéder à des services, des zones et des privilèges refusés au reste de la population.
Cette politique d'apartheid social discret marqua le début d'une fracture durable au sein du peuple de San Andreas.
Fort d'une popularité construite sur la peur et le souvenir du chaos de 1995, Magnus V. Rowlins fut réélu à l'unanimité. Ses opposants jugèrent les élections inéquitables ; leurs voix furent rapidement étouffées.
Le décret anti-diffamation fut adopté quelques jours plus tard, bannissant officiellement toute parole ou écrit critiquant le Gouvernement ou son monarque-gouverneur. La presse libre cessa progressivement d'exister.
San Andreas, autrefois île de liberté, s'enfonçait doucement dans une forme de dictature douce que personne n'osait nommer.
Lors du gala célébrant le Jour de la Séparation, moment symbolique fort de l'identité de San Andreas, un groupe d'extrémistes anti-Rowlins tenta de renverser le régime par la violence.
Grâce à l'intervention décisive du San Andreas State Police, l'attentat fut déjoué avant même de se concrétiser. L'événement fut largement instrumentalisé par la propagande gouvernementale.
En réaction, le Gouverneur ordonna la création d'une milice privée directement rattachée à son cabinet, opérant en dehors des structures légales habituelles. Une force de l'ombre, répondant à un seul homme.
Magnus V. Rowlins siège toujours au sommet du pouvoir. Réélu sans faille à chaque mandat, il doit sa longévité à la figure de protecteur qu'il a su entretenir. Et tandis que les inégalités rongent toujours la société et que la peur plane sur San Andreas, beaucoup voient encore en lui le dernier rempart contre le chaos.
D'ici quelques semaines, l'État s'apprête à vivre de nouvelles élections gouvernementales — prélude à une atmosphère de tension et d'incertitude. Le calendrier veut que ce moment coïncide avec le Jour de la Séparation, célébration du grand exode vers le sud, souvenir gravé dans la mémoire du peuple.